Contrib
VFR de nuit

Il s'agit de vol à vue praticable tout au long de la nuit.

Pour être qualifié, il faut avoir fait quelques leçons avec un instructeur qui vous déclare apte. Si vous voulez emmener des passagers, il faut avoir fait un décollage-atterrissage de nuit dans les 3 mois précédents, en sus des exigences VFR.

Pour bien vous mettre en condition, fermez toutes les sources de lumière autour de vous et de votre ordinateur et configurez Environment/Date & Time dans X-Plane de façon à vous retrouver dans la nuit. Au besoin, mettez une lampe frontale pour lire vos documents, mais c'est un peu éblouissant.

Il ne peut se faire que d'un aérodrome à un autre agréés pour le vol de nuit (avec balisage lumineux et contrôle aérien). Certains le sont dans X-plane même s'ils ne le sont pas en vrai, comme Marennes (LFJI) que nous choisirons, téléchargeable ici dans les scènes de la région Poitou-Charentes.

LES CONDITIONS METEO EXIGEES

  • Pas de nuages sous 1500 m
  • Pas de précipitation, orage ou brouillard prévu
  • Visibilité au moins égale à 8 km sur l'ensemble du parcours, c'est-à-dire entre les aérodromes de départ, arrivée et déroutement.

Météo réglable dans le menu : Enviromnent/Weather, soit réelle si elle convient, soit manuellement.

Vous pouvez vous référer au chapitre Météo du Wiki pour vous y aider.

Si jamais les conditions se dégradaient, prévoyez de déposer en urgence un plan de vol IFR si vous voulez quand même faire le vol et que vous avez la qualification.

LES ILLUSIONS SENSORIELLES

Bien sûr, vous ne risquez rien dans un simulateur, mais si vous souhaitez arriver à destination, il vaut mieux en tenir compte !

- D'origine vestibulaire (le vestibule de l'oreille interne est l'organe de l'équilibre) : tendance à serrer un virage, sensation erronée d'inclinaison, risque de virage engagé ...

- D'origine visuelle : perte de l'horizon, mauvaise appréciation des distances et de l'assiette de votre avion.

Il faut donc UTILISER VOS INSTRUMENTS et bien repérer les lumières extérieures qui vous aideront à vous diriger. Et rien ne vaut l'entrainement !

QUEL AVION CHOISIR ?

Il est hors de question d'avoir une panne. Un atterrissage en campagne de nuit est impossible !

Donc, votre avion doit être en bon état de marche avec :

  • Des feux de navigation
  • Un feu anticollision
  • Un phare d'atterrissage
  • Un éclairage de cockpit correct
  • Le vol, bien qu'étiqueté VFR, utilise des instruments qui doivent donc être présents sur le panel et fonctionnels : horizon artificiel, indicateur de virage avec bille, un directionnel , un vario, un émetteur-récepteur cat 2 et un récepteur VOR cat 2 ou un radiocompas.

Autrement dit, vous avez l'embarras du choix parmi les avions proposés dans X-plane, en général dans la catégorie monomoteurs. Nous choisirons pour l'exemple le DR 400, mais il y en a d'autres !

Attention à emporter suffisamment de carburant (nécessaire au vol + 45 mn supplémentaires). Allumez toujours vos feux de position et anticollision avant de mettre le moteur en marche pour signaler le démarrage de l'avion.

LE VOL LUI-MEME

J'espère que vous l'avez soigneusement préparé ! Mais évitez les papiers à lire dans le cockpit, il n'est pas très éclairé ...

Il s'apparente à un vol IFR assorti de quelques repères lumineux extérieurs s'il y en a.

A Marennes, nous partirons sur la place "Ramp Start Club".

Le roulage et le décollage

Après une prévol extrêmement soigneuse et une checklist rodée, on démarre.

Le roulage est très lent car les feux d'un avion sont moins performants que ceux d'une voiture et l'évaluation des distances plus difficile.

C'est le moment, dans les virages au sol, où vous pouvez vérifier le fonctionnement de vos appareils gyroscopiques (horizon, conservateur de cap, indicateur de virage).

Le décollage se fait avec les phares d'atterrissage. Surveillez votre horizon artificiel pour conserver une bonne assiette de montée.

Attention à la phase d'adaptation à l'obscurité juste après le décollage fait dans les lumières de l'aérodrome.

Le vol

Les repères sont lumineux : les villes, les routes fréquentées, les lumières côtières (phares), voire si c'est la pleine lune, les montagnes qui se découpent dans le ciel. Eventuellement, s'il y en a, des antennes ou éoliennes.

Dans notre cas, les repères intéressants sont Fort Louvois et le Pont d'Oléron :

Puis cap plein sud sur le phare de la Coubre. A 10 heures apparait un autre phare :

Cap au 060 dès le premier phare passé, à une altitude permettant de ne pas être ébloui par la lampe.

En plus du compas et de la montre, c'est le moment de vous aider de la radionavigation. Attention à l'ADF qui peut mal fonctionner avec les ondes réfléchies. Dans la mesure du possible, il vaut mieux se fier aux VOR, avec une ou mieux, 2 stations.Le GPS n'est qu'accessoire en VFR.

Dans notre cas, il y a la balise NDB de Rochefort Saint Agnan : ROC 396. Juste après l'estuaire de la Seudre que l'on devine plus que le voir, on distingue les lumières de la piste de Marennes.

Un peu de dégivrage carbu, et c'est la finale.

Approche et atterrissage

Il faut bien contrôler le plan de descente avec le variomètre et l'altimètre et viser un point au-delà du seuil de piste comme point de toucher.

Sans vent, la piste doit être au centre, et avec un vent de travers, un peu décalée.

Attention à l'arrondi trop haut et l'atterrissage dur, la piste bien éclairée donne l'illusion d'être plus haute que l'obscurité qui l'environne.

Il ne vous reste plus qu'à atteindre doucement le parking, rentrer chez vous pour lire un chapitre de "Vol de nuit" de Saint-Exupéry ... et bonne nuit !