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Les bimoteurs

Voilà un bon moment que vous volez en monomoteur et vous avez envie de passer au grade au-dessus : les bimoteurs. Bonne idée, vous pourrez en toute sécurité voler plus loin, de nuit, au-dessus de l'eau ou des déserts. Et ce n'est pas le coût d'une heure de vol en simulateur qui va nous rebuter !! Nous limiterons d'abord notre étude aux bimoteurs à pistons.

Il est beaucoup plus question de gestion de panne moteur que pour les monomoteurs, vous comprendrez pourquoi au fur et à mesure de vos exercices sur bimoteur.

On trouve les checklists sur le web si elles ne sont pas dans le dossier de l'avion.

Toutes les scènes sont utilisables pour le pilotage de ces avions, à condition que leur piste soit assez longue.

Les bimoteurs dans X-Plane

A ailes basses :

- Beech Baron 58 (gratuit, dans X-Plane 10 et 11 par défaut)
- Beechcraft Duchess (payant)
- Piper Seneca et Seminole (payants)

A ailes hautes :

- Tecnam P2006T et le Grumman GA 7 Cougar (gratuits), ils se comportent correctement, mais sont plus anciens.

Quelles différences avec un monomoteur ?

Notion de moteur critique :

C'est le moteur qui, en cas de panne, produit le plus grand déséquilibre. Sauf sur les moteurs à hélices contra-rotatives comme le Duchess ou le Seneca.

Celui de Baron 58 est le gauche. C'est cet avion que nous prendrons en référence, justement pour apprendre à gérer le moteur critique.

Non, vous n'avez pas trop bu !

Il y a 2 fois plus de moteurs, me direz-vous. Mais ce n'est pas aussi simple ...

Tout est en double : sa vitesse et sa charge alaire sont plus élevées et dans le cockpit, les affichages des caractéristiques moteur sont aussi en double, soit sur 2 cadrans séparés ...
... soit sur un cadran et 2 aiguilles L et R (moteur gauche ou "Left" et droit ou "Right" respectivement).
Sur le badin, une marque rouge indique la vitesse minimale contrôlable Vmc, et une marque bleue la vitesse du meilleur taux de montée Vyse, en cas de panne du moteur critique. Pour le Baron 58, elles sont respectivement de 81 et 100 kt.

Les opérations de mise en route, essais moteur et toutes les étapes de la checklist se font aussi en double. Et à chaque phase de vol, 6 manettes (gaz, richesse et pas d'hélice) sont à gérer au lieu de 3 ! Vous pourrez les manipuler à la souris grâce aux manipulateurs, ou avec un périphérique qui les gère comme une double manette des gaz, ou mieux un "double throttle quadrant".

En vol !

L'ordre dans lequel vous démarrez vos moteurs varie : un, puis l'autre de toute façon. Le premier est choisi en fonction de plusieurs éléments, souvent gauche sur les petits avions et à l'opposé de l'emplacement du GPU pour les gros bimoteurs par exemple. Dans un bimoteur de la taille du King Air B200, tous les passagers sont à bord quand on lance les moteurs (question de sécurité et de souffle d'hélice), ce n'est donc pas le côté où embarquent les passagers qui influence le moteur à démarrer en premier.

Un interrupteur appelé "Prop Sync" égalise les régimes pour diminuer les vibrations et le bruit. Celui-ci doit être éteint lors du décollage, de l'atterrissage et de la panne d'un des moteurs. Si les moteurs sont synchronisés, l'indicateur est immobile. Dans le cas contraire, il se met à tourner en fonction de la différence de régime entre les deux moteurs.

Le son sera plus éloigné, puisque les nacelles sont sur les côtés et non pas devant vous.

Le roulage se fait avec les manettes, en augmentant les gaz du côté opposé à votre direction (sur l'image, vous voulez tourner à gauche).

Il faudra anticiper, le temps de réaction est plus important qu'avec les palonniers.

Mais l'exercice en vaut la chandelle !

Le décollage se fait après une mise en puissance sur les freins, qui permet de gagner de la piste.
Dès que le vario est positif, rentrez le train si cela est possible pour diminuer la trainée en cas de panne moteur.

Une fois l'avion stabilisé en palier, tendez l'oreille : les moteurs doivent tourner de façon synchrone sans vibration, comme un ronronnement dont l'intensité varie par périodes.

L'avion est plus lourd, donc moins sensible aux turbulences et plus stable. Toutes les constantes sont plus élevées (poids, vitesse, altitude de croisière, plafond pratique), il faudra donc encore plus anticiper, pour toutes les opérations et encore plus pour l'atterrissage.

Le taux de descente optimum est de 500 ft/mn environ pour ne pas endommager le moteur, à une vitesse supérieure à Vyse, puis juste avant le toucher, légèrement au-dessus du ralenti. Utilisez les volets et le train pour le freinage, surtout si la longueur de la piste est limite. Elle est plus importante que pour un monomoteur !

Au parking, les différentes opérations pour couper les deux moteurs sont simultanées.

Plus difficile ...

Décollages par vent traversier :

Appliquez la puissance de façon différentielle au début de la course au décollage (freins relâchés) et lorsque le premier moteur aura atteint sa puissance de décollage, continuez à augmenter l'autre de façon à avoir la puissance max sur les deux moteurs avant 80kts. Si cette procédure est bien appliquée, on devrait n'avoir besoin que de très peu de palonnier. Avec un peu de pratique on en vient à sélecter le bon montant de différentiel. Toutefois il faut se rappeler que cette technique causera une course plus longue au décollage.

Atterrissages :

Exercez-vous à faire des atterrissages vent de travers ou sur une piste glissante en configurant les variables du menu Environment/Weather, onglet Atmosphere.

Positionner les flèches de la direction du vent (colonne du centre) perpendiculaire à la piste, à minimum 20 kt pour "ressentir" une force latérale, et mettez Runway Conditions sur wet (colonne de droite) ... voire les deux !

Puis tentez un atterrissage en crabe par vent de travers non pas avec les palonniers, mais avec le manche et la puissance respective des deux moteurs par les deux manettes des gaz.

Panne moteur :

En croisière :

Vous êtes dans un simulateur, alors vous pouvez faire fi du danger. Coupez le moteur, faites des exercices à basse altitude ou coupez l'arrivée d'essence !

La panne la plus intéressante est celle du moteur critique que nous effectuerons dans le Baron 58.

Pour couper le moteur, vous pouvez :

  • Le couper à la souris sur le tableau de bord
  • Attribuer une touche à une panne
  • En mode instructeur, c'est lui qui vous fera le coup de la panne
  • Ou alors la configurer avec le menu Aircraft/Equipment Failures/Engines 1/left magneto #1 et right magneto #1. On choisit dans le menu déroulant celui qui convient, par exemple "exact time until failure x mn", x étant égal à 1 mn pour la panne en montée et supérieure à 1 mn pour les pannes en altitude.
  1. Répétez plusieurs fois les procédures énumérées dans la checklist avant de commencer vos exercices (moteur en panne identifié, pied vif vers le moteur vif, hélice en drapeau, bille décalée et éventuellement refermer le volet de capot ou cowl flap).
  2. Puis faites-les à haute puis basse altitude, en montée et en approche, puis avec remise des gaz.
  3. On prend un repère sur l'horizon, on réduit la puissance et on met l'hélice en drapeau sans corriger le basculement de l'avion. L'avion fait une embardée, le moteur vif pousse le nez de l'avion du côté opposé et l'expérience se terminera en virage engagé si vous laissez les choses évoluer.
  4. Puis corrigez le lacet avec les palonniers, mais ce sera encore insuffisant !

5 - Puis synchronisez palonnier et manche (pour éviter un dérapage) : la bille ne doit plus être au centre, mais légèrement décalée du côté du moteur vif. En vol en palier, l'aile droite sera légèrement inclinée vers le sol.

Essayez de tenir le plus longtemps possible comme ça, pour "sentir" la manœuvre.

6 - Puis vous pouvez tenter un dévirage, c'est à dire passer l'hélice de la position drapeau à petit pas, puis redémarrer, le plus vite possible !

Au décollage :

La panne au décollage est un peu plus délicate. Le moteur vif est alors à plein régime, la marge entre la vitesse de l'avion et la Vmca est très faible et les gouvernes sont moins efficaces.

Mais avec de bons réflexes, on peut sauver l'avion même avec la moitié de la puissance.

Ouf ! Malgré la panne du moteur gauche, on a pu atterrir sans dommages ...

Vous êtes maintenant titulaire d'une compétence MEP (Multi Engine Piston) virtuelle. Maintenant, à vous les multimoteurs turboprops, jets ou avions de ligne !

Vous découvrirez alors d'autres appareils simulés dans X-plane : King Air et Canadair par défaut, Goose, MU2, DC3, Caravelle et Falcon 7X, ainsi que quelques Boeing, Airbus, Bréguet 763 et IL14 ...

Bons vols à grande vitesse !

Si vous aimez l'anglais et que vous voulez en savoir plus sur ce sujet, lisez le chapitre 12 de Airplane Flying Handbook, très complet et très bien fait.